Temps humide

Je me souviens, je suis assise sur le bord du bassin. Le carrelage humide sous les fesses.
"Faut y aller, il faut y aller, hein ?"

Mes pieds agitent l'eau du bout des orteils. Le son, comme irréel, résonne. Les cris, le bruit de la soufflerie. Je ne sais pas si je tremble de froid ou de peur. Il y a un gros plouf à côté de moi qui m'éclabousse. Une baleine. La tête hors de l'eau, elle s'éloigne en riant.
"Bon, faut y aller, hein ?"

Mon maillot me colle comme une seconde peau. Désagréable, humide et froide. Lorsque je tire dessus, ça forme des poches d'air qui se dégonflent avec des petits bruits de succions. Les jointures de mes doigts deviennent violettes à force de serrer le carrelage. L'odeur du chlore pénètre mes narines. Je ne sais pas pourquoi je pense à toutes les fois où j'ai vomi.
"Correspondance immédiate pour Nîmes, voie B"

Ce jour là, je l'ai vu. La première fois, je veux dire. J'ai cette peur au ventre. Et comme dans une illumination, il est là, en face, de l'autre côté du bassin, dans un maillot noir moulant. Dieu qu'il est beau. Il regarde dans ma direction, et très à l'aise, il monte sur le promontoire. Il plonge. Son corps souple comme une ondulation entre dans l'eau. Il n'y a presque pas d'éclaboussures. Comme une goutte d'huile à la surface, il nage vite et se retrouve devant moi comme ça, à me regarder, avec un grand sourire. Et puis très rapidement, son corps se retourne, prend appui sur la paroi et s'éloigne en glissant...

Rendez-vous en novembre pour la première de Le goût amer des petits princes. D'ici là nous vous tiendrons au courant de l'évolution du travail !
En attendant n'hésitez pas à venir voir notre dernier spectacle AKIKO, les dates sont sur l'agenda.

Au plaisir donc


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